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Affichage des articles du 2010

Pot pourri de Noël

L'enfant jamais né 23 décembre 1980. "Salut ti-cul on se reverra... ", jamais. Je suis dans une salle avec le médecin et l'infirmière. Des larmes roulent sur mes joues. Entre mon entrée dans cette salle et ma sortie, la vie sera ailleurs. Elle ne sera plus dans mon ventre. Je le voulais cet enfant. Il n'était pas un accident. D'un commun accord, nous avions cessé la contraception. Lorsque la pharmacienne a téléphoné pour annoncer la bonne nouvelle, l'heure ne fut pas à la réjouissance... non, l'heure fut à l'ambivalence. Des semaines durant à composer entre les oui et les non. Ce n'était pas le bon moment. Le bon moment est une utopie. Tous ceux qui ont des enfants le diront. Plusieurs nuits ont passées. J'étais assise dans ma berceuse à caresser celle ou celui à naître, à pleurer. J'ai choisi le mari. Une fois sortie de la salle d'avortement, il me dira: " Je regrette". Je suis restée sans voix. Le lendemain soir, au ré

L'accordéoniste

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Une fois par année, j'enfile sur mes épaules ce piano mobile. Les occasions varient. Parfois c'est pour souligner le mariage d'une employée, d'autres fois pour une rencontre familiale, une fête d'enfant. Généralement, c'est à Noël que je joue à l'accordéoniste. Le Noël de mes 15 ans, j'ai reçu une guitare et ma sœur un accordéon. Finalement, ma sœur a davantage développé ses talents de musicienne à la guitare et moi, vous le devinerez à l'accordéon. Outre les prestations du Jour de l'an chez ma marraine, l'accordéon a été mon fidèle compagnon lorsque je faisais du bénévolat auprès des enfants à l'hôpital Sainte-Justine. J'avais beaucoup de plaisir à m'installer dans la grande salle à réconforter parents et enfants pendant quelques instants. Le temps d'un déménagement, j'ai perdu ce petit accordéon. J'en ai toujours gardé une certaine tristesse. À Pâques 1985, ma mère malade a ressorti un nouvel accordéon qu'

Épopée hivernale

Lundi, première tempête de l'hiver. Les pros de la météo prévoient de deux à quatre centimètres de neige. Oh malheur ! la neige a à peine débuté que les prévisions sont dépassées. C'est jour de fête, enfin, je célèbre mon anniversaire. Ma soeur m' a offert un concert à la PDA pour entendre Marie-Nicole Lemieux. Au programme Bach, Brahms et le 9e de Bruckner. Deux heures au volant de mon bolide avant d'atteindre l'esplanade de la Place des Arts pour découvrir que le stationnement rue St-Urbain n'est pas accessible. Je ne suis pas chaussée pour affronter 10 centimètres de neige. La rue Ste-Catherine a des allures de zone de guerre. Des barbelés ou presque pour délimiter les zones de circulation. Les indications sont peu claires. Nous sommes quelques uns à avancer et à devoir rebrousser chemin car c'est un cul-de-sac. J'arrive enfin au resto pour rejoindre ma soeur. Il y a affluence. Une soupe fera l'affaire. Ma soeur revient avec le plateau et me dit

Faire de sa vie un cadeau !

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Vous souvenez-vous de votre première messe de minuit ? Moi, c'était à l'église Thérèse-de-l'Enfant Jésus avec ma marraine. Je me souviens de la beauté architecturale de l'endroit, le bruit des vêtements selon le cliquetis du bois pour nous indiquer quand se lever, quand s'agenouiller, l'odeur de l'encens, les cantiques de Noël avec la puissance de l'orgue en accompagnement, les parfums envahissants des femmes. Outre la messe, Noël avait les apparats du sapin décoré pour l'occasion. Décembre 1959, rue Lecoq, ma mère fit son premier sapin. Le 23 décembre, pas avant, car il fallait préserver la magie. A vrai dire, il était surtout question de la durée de vie du végétal. Le moment était solonnel. Chaque boule de cristal de Prague devait trouver sa place, chaque glaçon posé un à un en respect de l'harmonie visuelle. La touche finale: la neige en aérosol afin de recréer le milieu ambiant et bien entendu, l'étoile scintillante au sommet. La crèche

LES JOYEUX NAUFRAGÉS- Extrait de Petit pot de biscuits 1

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Dernier regard avant le départ. All aboard guys ! J'admire la baie, les bateaux, le temps qui, ici, roule en petit TGV. Je me réjouis de cet instant, en me disant intérieurement: c'est beau la vie. Deux passagères au même instant expriment tout haut ce que je viens de me dire tout bas. La veille, nous avons été en croisière. Destination: l'île d'Anguilla. À tout dire, nous nous serions cru dans le feuilleton télévisé "Les joyeux naufragés ". Premièrement, il y avait Éric notre capitaine, un provençal au rire contagieux, Ginger, pardon Sana, notre accompagnatrice et finalement, Christopher le second. Nous avons LA journée idéale pour nous. Après un petit tour de bus, nous attendons sagement que le zodiac nous amène au catamaran. Première expérience pour moi. Pendant l'attente, certains cueillent des coquillages, d'autres se mettent à l'ombre. J'observe une dame, qui fait du yoga sur la plage. Vous vous en doutez les regards sont posés sur

Les joyeux naufragés

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Dernier regard avant le départ. All aboard guys ! J'admire la baie, les bateaux, le temps qui, ici, roule en petit TGV. Je me réjouis de cet instant, en me disant intérieurement: c'est beau la vie. Deux passagères au même instant expriment tout haut ce que je viens de me dire tout bas. La veille, nous avons été en croisière. Destination: l'île d'Anguilla. À tout dire, nous nous serions cru dans le feuilleton télévisé "Les joyeux naufragés ". Premièrement, il y avait Éric notre capitaine, un provençal au rire contagieux, Ginger, pardon Sana, notre accompagnatrice et finalement, Christopher le second. Nous avons LA journée idéale pour nous. Après un petit tour de bus, nous attendons sagement que le zodiac nous amène au catamaran. Première expérience pour moi. Pendant l'attente, certains cueillent des coquillages, d'autres se mettent à l'ombre. J'observe une dame, qui fait du yoga sur la plage. Vous vous en doutez les regards sont posés sur

L'étreinte

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Deux bras noués autour de mon corps, sa barbe frôle ma joue. Mon fils aîné m'étreint. Quelle chance j'ai ! Mon enfant devenu homme, ose exprimer son amour, ses sentiments à celle qui lui a donné le jour. Pourtant, chaque fois, je reste étonnée, heureuse du cadeau qu'il me fait. En ces instants, je retrouve son odeur, je lui caresse les cheveux et, en moi, rejaillit cet amour inconditonnel. Chaque enfant témoigne son attachement de différentes manières. Mon fils cadet, lui, m'embrasse comme sur cette photo. Il me fait des causeries dans mon lit en fin de soirée. Ces moments là, je les chéris, même si je suis fatiguée. Il s'allonge à mes côtés, partage ses préoccupations du moment. Je peux parfois le toucher, sentir sa chaleur, son odeur. Je m'endors de contentement, sachant que je suis privilégiée. La roue du temps suit son cours. Enfant, il me plaisait de me retrouver au lit avec maman. Elle faisait la grasse matinée en me demandant de lui faire des dessins d

La dette

Elle retournait délicatement dans sa poche le boîtier, attendant le moment propice pour le déposer sur la table de cuisine. Auparavant, la semaine durant, elle avait admiré le contenu de celui-ci à différents endroits dans sa demeure, pour s'imprégner à tout jamais de ce souvenir lointain. Soixante ans plus tôt, le contenu du boîtier avait fait l'objet de tractation financière. Une petite fille de huit ans avait pour désir un vélo. Un luxe pour cette époque. La mère adoptive, n'ayant que cette fille pour enfant, vendit à un membre de la famille sa bague de fiancailles. L'enfant comprit la valeur d'un tel geste. Tant et si bien, qu'une fois la mort du membre de la famille, elle souhaita récupérer ladite bague. La bague lui glissa de nouveau entre les mains puisque l'épouse de l'héritier en était la porteuse. A la mort de la porteuse, la fille aînée devint la dépositaire. Elle tenta sa chance auprès de cette dernière, lui expliquant l'attachement qu&

Capter le précieux de la vie

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Vous avez cru que je vous avais délaissé... Mais non ! Vous êtes ma planche de salut. Les sujets fusent dans ma tête. J'aurais tant de choses à vous raconter. J'ai choisi ce soir de regarder avec vous le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide. J'ai déjà lu quelque part que dans la vie c'est l'altitude qui détermine ton attitude. J'ai l'impression d'avoir escaladé l'Everest plus d'une fois. Chaque fois, une fois rendu au sommet, j'observe le paysage, je regarde le chemin accompli, béate de satisfaction, prête à reprendre ma route ailleurs, à rencontrer d'autres gens. Certains appelleront cela la résilience. Cet été, lors de mes vacances à Marseille, en visitant le Cap Canaille à Cassis, mon ami Pierre a pris une photo d'un moine tibétain que j'ai plaisir à partager avec vous. Ils étaient là, quelques moines, assistant tout comme nous au coucher du soleil. Je ne saurais vous dire pourquoi cette image m'accompag

La résilience, une histoire de famille

Croyant me citer une vérité de La Palice, mon fils cadet m'interpelle l'autre jour en me disant que nous ses parents n'avions pas les mêmes valeurs que les parents de ses amis. Bien entendu ! Nous sommes dans la mi cinquantaine et soixantaine. Dix années ce n'est plus une génération, c'est un mur qui se dresse. Bon, j'exagère. Malgré cela, je ne négocie pas mes valeurs, elles sont là, témoignant d'un bel héritage de ceux qui m'ont précédée. Qui sont-ils ces hommes et ces femmes qui influencent ma vie ? Côté paternel Il y a mon père, huitième enfant, né sur une ferme dans le Témiscouata, coureur des bois, monteur de ligne, entrepreneur. Il y a mon grand-père, ne sachant ni lire, ni écrire, mais compter. Cela ne l'a pas empêché d'être commissaire d'école et de faire le commerce des chevaux. C'était un homme autoritaire, prompt qui n'hésitait pas à corriger ses enfants. Il n'y avait pas de DPJ à cette époque. Il y a ma grand-mère,

L'entretien

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Monsieur F. ce passionné de sport, de vélo, des chats et des gens de son village, me cause. Les sujets ne manquent pas. Le serveur vient prendre notre commande. Salade mixte et pâtes pour lui quant à moi, ce sera potage et veau. Nous sommes dans un restaurant italien comme son pays d'origine. Il est étonné de savoir que j'ai un chat. Je lui raconte alors mon petit bestiaire félin. Le premier chat fut recueilli à l'âge de 12 ans par ma soeur et moi. La nuit venue avec la complicité de notre mère, nous le dissimulions sous nos couvertures. Notre subterfuge fut rapidement découvert par notre paternel lorsqu'il reprit son horaire de jour. Exit le chat. J'ai 24 ans, je suis au marché aux puces de Lesage avec des amis et l'appel félin se fait sentir. Narcisse , jeune mâle marbré fait son entrée dans mon humble demeure rue Messier. Il prend en affection ma vieille commode antique pour faire ses griffes et ... son territoire. Ben, on n'a un chat qu'à soi u

Maman tricote

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J'ai deux ans. Ma grand-mère expose sur le lit les mitaines qu'elle a tricotées pour ses petits-enfants. Une paire pour Michel, une pour Lise, une pour Richard, une pour Serge, une pour Denis, une pour Pierre, une pour Johanne. J'attends en vain que mon nom arrive, mais non, il n'y a pas de mitaines pour moi. J'ose lui demander: " Pis moi, grand-maman ?" Mais, le mal est fait. Elle me demande de quelle couleur j'aimerais qu'elles soient. J'ai déjà appris à ne pas montrer mes blessures. Je lui réponds: " Laisse faire, ma mère va m'en faire". Ma mère me tricote une belle paire de mitaines rouges et beiges que je présente à ma grand-mère la semaine suivante, en lui disant: " Regarde les belles mitaines que ma mère m'a faites". Le tricot a toujours été ce qui nous a uni ma mère et moi, de différentes manières. Je me souviens de m'être endormie sous le bruit des aiguilles qui s'agitaient pour me confectionner

Le voyage de noces

12 septembre 1992, je convole en seconde noce, enceinte de 4 mois. Notre lune de miel a pour destination la France, la Belgique et la Hollande. Depuis que je suis toute petite, Amsterdam me fait rêver. Les canaux, l'animation de la ville, les musées, les arts. Nos amis Bruxellois chez qui nous logeons, nous ont gentimé indiqué qu'il serait plus sage de réserver et de prendre le train. Le train... ben voyons donc... Monsieur T ne s'abaisserait pas à voyager avec le peuple, quant à réserver, c'est contre ses principes. Ce qu'homme veut, femme le ... La voiture nous empruntons. Cinq heures de route minimum. Plus la journée avance, plus mon ventre se contracte. Le covoiturage m'épuise. Pas de GPS dans les années 90. La patience de mon homme n'est pas sa plus grande vertu, ni la mienne. Nous arrivons à Amsterdam aux alentours de 15h. Les chambres disponibles sont hors de prix. Cela, mes amis nous l'avaient dit. Mais comme mon homme est toujours aussi Thomas

Le nouveau monde

J'ai 4 ans, rue Christophe Colomb, nous avons rendez-vous avec la directrice d'une école privée Le Jardin Bleu . La dame me demande d'identifier les lettres, les chiffres. Ouf ! je réussis le test d'entrée. Combien cela coûtera-t-il à mon père ? Pourquoi le privé ? Il semble que je m'ennuyais à la maison. Le jour de la rentrée, je suis toute excitée. Je porte mon beau costume jupe à plis, blouse blanche, boucle bleue et le blazer marine liseré de blanc et mon sac brun en cuir. J'attends impatiemment le taxi qui me mènera vers un nouveau monde. Monsieur Laberge arrive, un grand-père attentif, toujours de bonne humeur. Nous faisons une tournée, d'autres élèves partagent le même transport. A l'arrivée, tante Hélène, c'est le prénom de mon enseignante, nous accueille nous enveloppant dans le sillage de son eau de toilette Evening in Paris . Elle est douce. Notre école est au coin de la rue Saint-Laurent et Fleury, au 2e étage. Il y a beaucoup de fenêtr

Le petit bonheur

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Des lumières dans le ciel scintillent chaque année dans mon quartier en août. Il me suffit de regarder par la fenêtre de ma chambre pour admirer les feux d'artifice. Je me sens privilégiée. Tant et si bien, qu'année après année les invités se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Parfois, dame nature n'est pas de notre bord et nous n'avons pas droit au spectacle. Hier, il s'en est fallu de peu, car la pluie signait présente depuis le début de l'après-midi. Je me souviens de mon premier feu d'artifice, j'avais 7 ou 8 ans. Nous étions partis en famille au Parc Jeanne-Mance à l'occasion de la St-Jean-Baptiste. Ma soeur et moi avions nos pyjamas sur le dos et reposions sur la couverture moelleuse que ma grand-mère avait réalisée. Le temps nous avait paru bien long avant l'apparition dans le ciel de ces magnifiques étoiles colorées. Toutefois, le souvenir le plus présent de ce moment est la chaleur des bras de nos parents dans lesquels nous éti

Le temps d'une chanson

Vous y croyez-vous à la synchronicité ? Moi, si. Je vous explique. Au retour de Marseille, jour de mon anniversaire, j'ai l'agréable surprise de constater que Luce Dufault partage le même vol que nous. Quelle coincidence que je me dis ! En effet, quelques années plus tôt ma soeur m'avait offert des billets pour assister à son spectacle au Spectrum à l'occasion de mon anniversaire. Vêtue d'une robe en coton indien, en toute simplicité, elle nous avait offert une prestation intimiste. Déjà charmée par sa voix, je fus conquise. De cette soirée, deux chansons sont demeurées imprégnées dans ma mémoire, son interprétation m'ayant soufflée: De la main gauche et Calling You. Je l'ai revu au Monument National. Elle était apparue dans la lumière, métamorphosée par ses cheveux, la même chaleur dans la voix, le même charme, nous entretenant de l'histoire de ses chansons, de la reconnaissance et du Quai des Brumes. Je me suis souvenue du Bistro à Jojo,

Si j'avais un char

Ça changerait ma vie nous disait un air bien connu . En effet, la mienne fut changée l'année de mes 25 ans où je devins propriétaire d'une Renault 5. Comme des milliers d'autres à l'époque "J'avais attrapé le schnac". Que d'aventures avec mon petit bolide. Le bouching de transmission, les freins qui me lâchent en pleine côte rue St-Denis entre Sherbrooke et Ontario. Un lendemain de tempête, enceinte de 4 mois, après m'être échinée à pelleter une heure durant, je découvre qu'un citoyen pas très honnête a esquinté mon parechoc avant et quitté les lieux sans m'en avertir. Le soir de mon accouchement, à deux heures du matin, rue Messier, mon véhicule refuse de démarrer au grand dam de mon amie venue m'assister pour l'événement. Je vous fais fi de tout le reste. Subaru est apparu dans ma vie comme un luxe. Des aventures ? Et oui, quelques unes tout de même. Le capot qui se soulève, obstruant ma vue sur le Pont Papineau. Des crev

Camping sauvage !

Qui prend mari, prend pays ! Moi, j'ai pris Denis et lui Miss Hilton. Malgré ce que vous pouvez penser, je suis une femme aimant la nature. Mon enfance a été ponctuée de séjours campagnards dans diverses régions. Toutefois, mes parents n'étaient pas adeptes du camping. Initiée à l'âge de 14 ans par une voisine à Cornwall, j'ai trouvé que la nuit était plutôt noire et étouffante. Je souffre de claustrophobie. Réveillée en pleine crise de panique, j'accusai mes hôtes d'avoir changé l'orientation de la tente... Sans commentaires. Dix ans plus tard, devenue propriétaire de ma rutilante Renault 5, je sillonne les routes de la Gaspésie, mon nouveau permis en poche avec ma copine Ghislaine. Rien de tel pour une nouvelle apprentie que cette belle route côteuse. Nous campons un premier soir au Mont St-Pierre. Tout va bien. Les choses se gâtent au Parc Forillon, où au petit matin, nous sommes dans la flotte. Les années passent sans que le camping ne refasse surface.

Une amie qui me veut du bien

J'ai plusieurs amies qui me veulent du bien. J'en ai une qui m'a offert un ange gardien, legs d'une autre amie qui lui voulait du bien. Nous appliquons le principe de donner au suivant. Il y a ces coups de fil inopinés un mercredi soir, veille de la St-Jean avec en prime une invitation surprise à un déjeuner sur l'herbe en bordure du lac des Deux-Montagnes. Comment refuser ? Un bon ami nous accueille, bonne chère et vins sont au menu. Il ne me reste plus qu'à apporter mon maillot de bain, de participer à la préparation du repas et faire la vaisselle. C'est génial ! J'arrive aux alentours de 14h00 en même temps qu'un autre couple invité. Une fois les présentations faites, nous sommes accueillis par l'hôte de la maison et rapidement un verre de mousseux vient se nicher entre mes mains. Je dois dire que j'ai un faible pour les bulles et le vin gai. Huit personnes se rencontrent pour le plaisir d'échanger. De vieilles amitiés, le to

J'ai souvenir encore

Il flotte en ce moment, une odeur bien particulière, celle de la fin d'une année scolaire. En des temps anciens, le mois de juin était synonyme de pique-nique champêtre à la colline Ahunstic, où enseignants et élèves dégustaient les premiers légumes de l'été tout en folâtrant sous les pieds de vieux chênes. L'avant-dernière journée était consacrée au récurage de nos bureaux. Chaque élève devait apporter un sceau, du savon Sunlight et de la cire Claire qui ne jaunit jamais . Les tâches des concierges étaient toutes autres, le sens civique aussi. Puis, au dernier jour, nous nous présentions pour la distribution des prix, les mentions d'honneur, le cadeau au professeur avec un serrement au fond du coeur. Nous tournions la page sur un chapitre de notre vie. Au secondaire, le mois de juin a eu des parfums différents, les examens du ministère occupant les premières loges. Difficile de reviser quand les premières chaleurs font leur apparition. Il y avait la passation d'

Que la chance soit avec toi !

Ma voiture dont les freins sont foutus doit prendre le chemin du garage. Chanceuse, on me prête une voiture de courtoisie. La chance est de bien courte durée... une première panne sur l'autoroute 13 sud ralentit la circulation. Un appel au patron pour expliquer le retard. Surprise ! j'entends à la radio que l'autoroute 13 sud est fermée à la hauteur de Côte-de-Liesse en raison d'un véhicule en flamme. Un malheur ne venant jamais seul... la lumière du réservoir à essence me signale qu'il reste peu de temps avant que mon véhicule de courtoisie ne s'éteigne de sa belle flamme. Je maudis mon garagiste qui me laisse avec un réservoir au trois quart vide. Je téléphone pour signifier que mon retard sera plus grand que prévu. Ma voix doit trahir mon angoisse, car la secrétaire de mon patron, tente de me calmer. Elle m'écoute paniquer, sacrer. Je me sens moins seule, coincée dans cette maudite... circulation. Elle est prête à me secourir. Sa sollicitude met un peu d

Tout fou !

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Qui dit banlieue, pense maison unifamiliale avec son petit lopin de terre bien clôturé, le BBQ, la tondeuse, l’aménagement paysager printanier, la cueillette des feuilles automnales, les décorations de Noël lumineuses, le tempo et... les animaux domestiques. Je fréquente la gent animale depuis plus de 20 ans, particulièrement la gent canine. Il y a le bichon maltais de mes voisins qui dès que j’ouvre ma porte-jardin, semble me dire plein de rage : Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage. Il y a ces promeneurs et leurs chiens que je croise régulièrement lorsque je marche. Au fil des jours, je constate une confrérie. Petit sac à la main, ils se rencontrent, discutent, échangent à propos du caractère de leur chien, se parlent d’actualité. Ils communiquent sous le beau prétexte canin. Je trouve cela formidable. Pendant ce temps, ceux-ci se chamaillent comme le font les enfants lorsque leurs parents causent. Parfois, le maître domine le canin, parfois, le canin domine le maître.

L'amour avec un grand i

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Elle était là devant moi, les traits un peu tirés, le sourire aux lèvres, frêle avec sa voix douce. Nous devisions sur la vie. Je savais qu'elle avait un fils handicapé. Médecin dans son pays, à son arrivée au Québec, les heures de travail furent longues. Un soir qu'elle s'était assoupie, épuisée, quelqu'un sonna à sa porte pour l'informer que son fils de cinq ans était tombé du balcon. Aujourd'hui, ce fils âgé de 20 ans a un âge mental de cinq ans, souffre d'anxiété et est bipolaire. La nuit, son conjoint et elle se relaient auprès du petit devenu grand. Leur couple a survécu à cette épreuve. Leur recette: ils font de la soupe ensemble comme elle dit. La culpabilité, elle a fait avec. Sa planche de salut, c'est l'enseignement. Il faut entendre les applaudissements des élèves à son endroit lors de nos soirées de finissants. Je me suis rappelé une famille que j'avais observée lors d'un récent voyage. Ils étaient arrivés pour le peti

La grande Odyssée

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Qui aurait cru cet automne qu'il participerait aux éliminatoires ? Le Ca sent la coupe était loin de nos lèvres. Aujourd'hui, un vent de douce folie a soufflé sur Montréal. Pris par le tourbillon de mon travail, je me suis laissée happer doucement par celui-ci. Mes enseignants d'origine égyptienne avaient hâte de mettre fin à notre rencontre afin de rentrer à la maison pour regarder le match de hockey.  En arrivant à la maison, la rue était plus achalandée qu'à l'ordinaire. Les voisins recevaient, bière à la main, en attente de la grande messe du hockey. J'ai téléphoné à ma copine Chantale et pendant notre conversation, je pouvais suivre la partie par les manifestations assez vives de son conjoint qui d'ordinaire est assez calme. Un peu plus tard, ma copine Micheline me rappelle pour me dire qu'elle est au resto et que le conjoint de sa fille vient de leur téléphoner pour les informer du pointage.  Je suis sortie faire une course à l'épicerie, j'

Au temps des lilas

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Jeune citadine, ce temps de l'année était celui des privilégiés. Tous les locataires du quartier enviaient les propriétaires qui avaient le loisir d'humer les fleurs printanières et de voir éclore dans leur cour les premiers bourgeons. Le tout débutait par les jonquilles, le muguet, les iris, les lilas, les pommiers et les pivoines. Le luxe était de couper ces fleurs, de les déposer dans un vase afin de les admirer de plus près, et que, dans la maison se distille un doux parfum. Toute ma vie, avant de devenir propriétaire, j'ai vécu cette saison par procuration. A l'école mes petites amies offraient à notre institutrice ces fleurs printanières. J'étais un peu envieuse de ne pouvoir le faire. C'était une des réalités des familles ouvrières. Je me consolais en profitant de ce temps où j'avais accès à cette douceur et je me réfugiais dans mes rêveries. Lorsque j'étais à l'université, une élève a apporté des lilas à notre enseignant. Même émoi,

Maudite marde !

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A la loterie de la vie, certains ont plus de chance. Lors d'une belle matinée d'avril, je suis allée au cinéma avec une vieille amie voir "L'homme de chevet". Dans ce film, Sophie Marceau est immobilisée dans un lit et dépend des autres pour son bien-être. La vie lui a volé son autonomie mais non le plaisir des sens. Christophe Lambert, sera son homme de chevet. Il lui fera la lecture, sa toilette intime et la nourrira. A notre sortie du cinéma, nous nous sommes attablées chez Da Roberto . Ma copine avait le moral fragile. Lors de notre souper annuel, elle m'avait dit que son médecin avait décelé une masse. La colonoscopie a confirmé un cancer du rectum. Quand elle m'a annoncé la nouvelle, elle m'a dit: " Je vais devoir m'assir sur mon cul" et nous avons éclaté de rire. Puis la questionnant quant à ses états d'âme, elle m'avait parlé de ses pleurs, de l'annonce aux proches. Elle se disait prête à cette éventualité. Je

Joues-tu toujours du Gershwin ?

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Un soir de septembre rue Messier, il sonne à ma porte, une pomme à la main. Il vient vérifier s'il a du courrier. Je découvre qu'il est l'ancien locataire et comédien de profession. Ensemble, nous partageons la passion des livres, de la peinture, de l'écriture, des spectacles de musique, de la vie nocturne et de la bouffe. Sa maison est un capharnaüm. Nous sommes vraiment dans l'antre de l'artiste. Cela me plaît beaucoup. Il vient également chez moi m'écouter jouer du piano. Nos univers se rencontrent dans ce que nous avons de meilleur. Je déménage, je débute une nouvelle relation amoureuse et nos routes se séparent. Toutefois, un oiseau acheté au salon des métiers d'arts trône dans ma bibliothèque me rappelant à son bon souvenir. Cet été, un film dont l'actrice principale porte le même nom de famille que le sien m'incite à reprendre contact. Facebook devient complice de ma démarche. Au restaurant nous reprenons le fil de nos vies. Soudain il

La première communion

Un beau vendredi , je me rends au supermarché acheter quelques produits en promotion. En attente à la caisse, j'entends une voix maugréer. Je présume qu'il s'agit d'un échange entre deux caissières et j'écoute distraitement la rumeur. Une fois ma transaction bancaire complétée, je me fais interpellée par la caissière. Elle est de fort mauvaise humeur, pour ne pas dire en pleine fureur. Elle doit accompagner sa fille toutes les deux semaines au presbytère pour la préparation à la communion. Ces rencontres se déroulent durant une année complète. A sa grande consternation, la petite ne fera pas sa première communion avec sa classe mais bien à une simple messe du dimanche, sans flafla, et de plus, elle devra débourser 65$ pour ce faire. La caissière a tout au plus trente ans. Je m'étonne de la voir s'insurger quant au non respect de la tradition religieuse. Intérieurement, je me dis que vraiment tout change. Même l'église doit se mettre à la saveur du jo