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Affichage des articles du 2011

Ce n'est qu'un au revoir !

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L'heure du bilan a sonné... 2011 aura-t-elle été une bonne cuvée ? Une année riche en rebondissements de toute sorte, une année de rencontres, une année de changement. J'ai vécu de grands moments de bonheur et aussi des petits ... et, quelques tourments car la vie ne serait pas la vie autrement. Mes grands moments de bonheur ont pour couleur la fierté de mes fils. Pour l'un, c'est l'atteinte de sa majorité, son premier emploi, sa première voiture. Pour l'autre, c'est l'obtention de son diplôme universitaire, une nouvelle promotion. Les autres moments sont teintés de la réalisation de rêves, de projets que je chérissais depuis longtemps et de rencontres inespérées. Un jour de mai 2010, j'ai reçu un mail d'un lycée français. En fait, d'une enseignante qui souhaitait établir un échange d'étudiants. Une bouteille à la mer, me suis-je dit. Je sentais que le meilleur était à venir. De cette initiative, des liens plus étroits se sont créés et m

Faire de sa vie un cadeau- Bis

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Je suis fébrile, ma première séance de signature. Je présume que l'achalandage en cette période des fêtes contribuera aux ventes de mon premier livre. J'ai de la chance, il fait beau. Pas de tempête de neige à l'horizon. Un petit hic ! Trouver un stationnement le 11 décembre dans un centre commercial. Les propriétaires de la librairie ont vraiment fait une belle présentation visuelle de mon livre. Je suis située à l'entrée. Les clients ne peuvent me manquer. Une jaquette de livre rouge et une femme habillée avec des plumes attirent l'attention. Une de mes employées se présente. Elle ignore que j'ai écrit un premier livre. Son cerveau met un certain temps à décoder que sa patronne est aussi une auteure. Elle achète de bon coeur mon livre. Ma première vente en librairie. L'achalandage augmente, les gens m'aperçoivent et me demandent où se trouve tel livre ou encore si nous avons tel titre. Bref, ils me prennent pour une employée. Je trouve la situation

Petit pot de biscuits...

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   PETIT POT DE BISCUITS... devient rapidement vide s'il donne sans jamais recevoir.   Attention! ce n'est pas un livre de recettes. C'est ma vie que vous tenez entre vos mains. À tout le moins, celle que je veux bien partager avec vous. J'y regarde le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide. Vous sourirez, rirez et pleurerez parfois. Ces tranches de vie de vie pourraient être les vôtres. Je vous invite à les lire avec les yeux du cœur. Depuis l'âge de 9 ans,  Ginette Levesque écrit: un journal intime, des textes publicitaires, des bulletins d'affaires, des chroniques dans les médias et... depuis trois ans un blogue. Outre l'écriture, apprendre et transmettre constituent le fil de sa vie. La gestion et la communication ont jalonné son parcours professionnel tant dans les milieux communautaires, d'affaires que de l'éducation. À l'âge où une certaine publicité parlait de liberté, elle a choisi de réaliser un vieux rêve,

Revue de presse

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais il m'arrive souvent en lisant La Presse de m'émouvoir sur certains sujets traités. Je minimise mes mots. Souvent je pleure sur un texte de Pierre Foglia ou celui de Stéphane Laporte. Ces textes me touchent là où ça fait mal. Les textes d'Yves Boisvert aussi sont percutants, mais autrement. Ah oui ! J'oubliais, vous ai-je dit que je suis une fidèle lectrice de ce journal depuis presque 50 ans. J'ai bien dit presque. Ce week-end, je n'ai pu m'empêcher d'être très émue en lisant le cahier spécial ENJEUX.  D'une part on y voyait des photos assez troublantes de gens d'origine Vietnamienne vivant avec un handicap. La cause ? L'agent orange que les américains ont épandu sur les terres de ce pays lors de la guerre. Cancer, malformations sont au nombre des sévices. Il n'y a pas qu'eux à vivre avec les séquelles de la guerre ou encore des séismes. Le Japon dont on ne parle presque plus, a pourtant été h

Ce qu'il reste de nous

J'arrive, l'église est bondée de gens. Une odeur de bois chatouille mes narines. Je reconnais quelques visages, les salue au passage. Elle est là au milieu de l'allée, endeuillée. Elle vient vers moi, je la prends dans mes bras et tente de lui apporter quelque réconfort. Pas un mot, rien qu'une étreinte. Nous serons plusieurs à poser ce geste si important pour ceux et celles qui viennent de perdre un être cher. Je suis là par procuration car je ne connais pas l'homme. Je découvre avec émotion par les témoignages de son ami, de sa belle-soeur, de sa belle-fille et de son fils, l'homme aimant qu'il fut.  Nous sommes plusieurs à avoir les yeux humides, les coups de mouchoir se font entendre. Cela me rend encore plus triste pour la belle Catherine qui a partagé plus de 25 ans avec lui, dont quatre à cotoyer la maladie, à l'apprivoiser. Un homme avec un bel appétit de vivre. Un homme bon comme dit le prêtre dans son homélie car un homme qui aime la nature ne

L'atelier de création

Tout a commencé avec Evening in Paris. Comme vous le savez la mémoire olfactive est la première mémoire. Je crois que moi, j'ai baigné dedans dès ma naissance. Le monde des odeurs, plus particulièrement celui des parfums, m'enivre. Mon plus grand rêve: suivre une formation destinée à  en découvrir les rudiments. C'est ainsi que la vie m'a menée sur la route de Grasse chez le parfumeur Galimard à la poursuite de mon rêve. La journée s'annonçait magnifique. Après les trombes de pluie de la veille, le ciel était dégagé, l'air frais et les petites laines non requises. Arrivée gare Saint-Charles à Marseille, je me résigne à prendre un billet première classe, les secondes ne semblant pas disponibles. Le train met du retard. Près de 40 minutes. Pas de contrôle du billet. J'arrive à Cannes, je m'informe concernant les bus. "A gauche ma petite dame", sans plus. Comprendre, dégage. Je m'exécute. Une jeune femme plus avenante me dirige au bon endroi

Le sens

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Avoir du sens Dernier repas à notre restaurant habituel. Le proprio nous offre le vin. Elle m'interroge sur la réaction du personnel à l'annonce de son départ. Leur tête comprend mais leur coeur est triste, le mien aussi. Elle veut donner un nouveau sens à sa vie. La perte de son fils, les désillusions quant à ses perspectives de carrière à l'intérieur de notre organisation, l'ont menée vers un retour aux sources. Elle a obtenu un poste de direction dans un domaine de formation qui lui est connu: agriculture. De plus, le centre où elle évoluera offre le programme acériculture. Son fils décédé, était propriétaire d'une érablière. Cela a du sens.  Il y a de cela trois ans, elle s'était présentée à l'entrevue. Sans doute l'entrevue la plus courte que j'ai vue. Sa feuille de route était impressionnante et j'ai eu confiance qu'elle pourrait relever le défi qui l'attendait. Je ne m'étais point trompée. Trois ans à faire équipe, à bâtir en

Dimanche d'automne

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Je pourrais vous parler de ces dimanches où l'odeur du café au percolateur embaumait la maison, suivi inexorablement du bruit de la friture du bacon.  Je me souviens d'une couleur : rose, d'une lumière qui entre par la fenêtre du salon se reflétant sur les armoires de cuisine et d'une impression: le temps suspendu. Le dimanche est consacré à la famille et à Dieu, bien entendu. Il y avait de ces dimanches où mon père revêtait ses plus beaux habits, sa robe de chambre de satin bordeaux avec des motifs en losange.  J'aimais ce tissu, j'aimais les dimanches parce qu'ils ne ressemblaient en rien aux autres jour de la semaine.  Outre sa robe de chambre de satin,  mon père se parait pour aller à la messe, appliquant son Old Spice , mettant son habit ainsi que son paletot de laine à fins carreaux.  Ma mère, avec fierté, m'habillait avec mes plus belles robes. J'étais la petite princesse qui accompagnait son père à l'église. Petit manteau brun avec bordu

Quand le succès est affaire de réseaux

J'ai perdu mon emploi. Je me retrouve face à des choix. Jeune maman, je veux offrir une qualité de vie à mes enfants. J'ai la chance d'être supportée par mon père qui finance l'aménagement de mon bureau et mon mari qui me coache dans le développement de mon entreprise. Ne me reste plus qu'à trouver des clients. Facile à dire, moins facile à faire. Bien que connue dans la région du Haut-Richelieu, je suis une belle inconnue dans celle des Basses-Laurentides. Repartir à zéro, voilà le défi qui m'attend. Je fonce. Première activité réseau, celle des femmes d'affaires au centre communautaire de Lorraine. Je ne connais personne ni d'Ève, ni d'Adam... oups ! ni d'Ève. Je suis timide, j'observe les gens. Heureusement, nous sommes appelées à nous présenter, parler des services que nous proposons, cela brise la glace et à la fin de la soirée, je repars avec trois cartes d'affaires en poche. L'angoisse de la première est passée. Je continue m

La vie, le logis et les amies

J'ai cherché un titre à cette nouvelle chronique... inspirée en cela par des conversations téléphoniques ou des rendez-vous cette semaine avec des amies. Il était question de logis, du bonheur de la propriété comme de ses malheurs. Mon amie Mimi Elle vient de franchir le seuil d'une dizaine dont elle veut taire le nombre. Pourtant, si vous la rencontriez, vous lui retireriez certainement deux dizaines. Elle vient de faire l'acquisition d'un condo sur la Rive-Sud de Montréal dans un environnement qui ferait l'envie de plusieurs. Arbres matures, rue tranquille, voisins bien nantis. Dès qu'on franchit le seuil, nous sommes enveloppés par la luminosité de la pièce, la chaleur des meubles. Une salle de bains à faire damner, une chambre avec patio et petit coin jardin, une pièce dédiée à la création. Ce bel environnement bucolique est terni par des odeurs de vieille humidité qu'une chandelle parfumée parvient à abrier Et notre Mimi de nous raconter, comment cett

Venir au monde

11 septembre1984 Le pape est en visite à Montréal et moi, je dois accoucher d'une journée à l'autre à l'hôpital St-Luc qui est sur l'itinéraire de sa sainteté. Je prie le ciel pour que l'enfant choisisse un autre jour pour son entrée dans le grand monde. Quoique les derniers jours sont assez pénibles. Le sommeil est en dent de scie, ma vessie... je vous en fais fi. 12 septembre 1984 Le pape est retourné chez lui, mon fils tarde à naître. Je prends les choses en main et reviens aux vieux trucs de nos grands-mères. Je lave mes planchers de fond en comble. La maison respire le net. Aux petites heures de la nuit, je sens un liquide chaud glisser sur mes cuisses. Ce sont les eaux qui ont crevé, inondant bien le lit proprement lavé ainsi que le plancher. 13 septembre 1984 La journée la plus longue de ma vie et la plus souffrante aussi. J'appelle mes deux copines qui ont accepté de m'accompagner pour ce grand jour. L'arrivée à l'hôpital se fait ve

La conférencière

Jamais, je n'avais envisagé un seul instant que la prise de parole en public deviendrait ma profession. Une épreuve à un examen ministériel en français oral avait sapé toute ambition à ce titre. Je m'étais retrouvée devant ma classe, complètement aphone... paralysée. Non pas que je ne connaissais pas mon sujet, mais, toutes ces paires de yeux dirigées vers moi, c'était trop ! Puis peu à peu, je fus appelée à animer des rencontres, à participer à des émissions radio et télé.  J'ai appris les rouages de la communication. Est-ce à dire qu'après toutes ces années, le trac n'y est pas ? Non, chaque fois c'est un nouveau défi. Le public, son énergie influencent  ma prestation. Avec le temps, j'ai appris à ne pas être déstabilisée. Ma première conférence, je m'en souviens comme si c'était hier. Elle avait pour titre: L'ABC d'une carte d'affaires . J'avais eu droit à un article dans La Presse , signé par Valérie Beauregard. Je venais to

La rentrée

Les débuts d'année scolaire se suivent et ne se ressemblent pas.  Cette année, ma rentrée a plutôt été holé, holé ! Elle a débuté par le décès du fils de mon adjointe. Un événement qui ne laisse personne indifférent. Quand nous sommes tout en haut de la pyramide, nous portons la responsabilité de prendre soin de notre équipe.  En réalité, mon équipe a pris soin de moi et moi d'eux.  Ce malheur a eu un effet mobilisateur. J'ai osé solliciter une aide extérieure. Je me bénis d'avoir eu ce geste.  La vie me réservait d'autres surprises. A mon retour de vacances, ce fut l'hécatombe. Pour faire une histoire courte, plusieurs personnes clé au sein de mon organisation ont été touchées soit par la maladie, soit par la mort d'un proche. Certaines ont reçu des diagnostics de cancer, d'autres d'une chirurgie à venir. Quand un nuage gris passe et stagne au sein d'une équipe, le moral des troupes est fragile. J'aimerais bien que l'ouragan Irène lui f

Liberté 55

C'est l'anniversaire de mon cousin Pierre. Dans la cuisine exiguë, ma tante tient entre ses mains un gâteau avec des bougies. Mes cousins Richard et Michel entonnent le traditionnel "Bonne fête". Les larmes me montent aux yeux, ma gorge se noue. Vite, je me réfugie dans une chambre pour laisser passer l'inondation. Je réalise que chez moi, les anniversaires ne sont pas soulignés. Pour mes 5 ans, je décide de prendre les choses en main. Je sillonne les rues de mon quartier pour inviter quelques enfants chez moi. Je n'en souffle mot à ma mère sachant que si je lui demande à l'avance, j'essuierai un refus. Je la mets devant de le fait accompli. Mauvaise idée. Ma mère est affairée à laver le plancher de cuisine, comprendre cirer le plancher de cuisine. Les invités ne franchissent pas le perron.  Je me retrouve seule avec pour cadeau une punition parce que je n'ai pas demandé la permission et en prime mes émotions prises dans le gorgoton. A l'écol

Au bord du lac

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Cap St-Jacques , je porte fièrement mes petits souliers de bain rouges aux contours blancs, avec un maillot assorti en surpiqué, mon père me tient la main. Le sol sablonneux est couvert d'épines de pin séchées et les feuilles mortes de l'automne parfument le bois. La plage, les algues se joignent au ballet de ces parfums. J'ai peur de l'eau. Pour me rassurer il me tient dans ses bras, dès que l'eau frôle mes pieds, je resserre mon étreinte autour de son cou. St-Alphonse de Rodriguez- Lac Vert . Je séjourne chez ma tante Marcelle. Elle a un chalet au bord du lac. Quelquefois mon oncle Jacques m'amène dans son yacht. Je trouve cela excitant, ses neveux font du ski. J'aimerais être à leur place. Mais j'ai peur. Je m'assied en bordure du rempart et j'observe les ménés qui frétillent. Je glisse et me retrouve toute trempée. Plus de peur que de mal. La prochaine fois... je ferai plus attention. St-Hubert- Témiscouata . En visite chez mon grand-pèr

Le doux vent d'été

Les classes sont terminées. Les vacanciers prennent la route du chalet, la marmaille à bord. Exit les pauses tranquilité pour les mères au foyer. La circulation est moins dense. Un autre rythme s'installe. Les premiers matins sont consacrés à la grasse matinée, aux petits déjeuners gourmands, au pyjama qui font la grève. Pas de cadran, que les oiseaux qui piaillent, le vent qui souffle dans les arbres. Déjà, les premières pommes s'épanouissent. Les pivoines en sont à leur dernier souffle. C'est maintenant au tour des hémérocalles de voir le jour. Le bruit des tondeuses montent, leur rumeur contamine les terrains avoisinants sans oublier le merveilleux son du taille bordure. Une symphonie un peu cacophonique. Mais, c'est le doux vent d'été. La Saint-Jean donne le coup d'envoi à cette période si particulière et festive. Certaines cuvées sont meilleures que d'autres, selon les caprices de dame nature. En vieillissant, le goût de la fête est moins pressant. La

PICOTÉE LA ROUGEOLE- Extrait de Petit pot de biscuits 2

Juin 1961, il doit faire 30 degrés dehors et il fait noir dans ma chambre. Je suis seule, ma petite soeur ne partage pas ma chambre. Je ne vais pas à l'école, car... j'ai attrapé la rougeole. Je suis une pestiférée. Ma mère craint que je devienne sourde, aveugle. Je ne sais plus quoi. Bon, au début, je trouve cela rigolo d'être alitée, d'avoir ma mère aux petits soins avec moi. Je m'évade dans mes livres de Tintin et de Jo et Zette sauf que j'en ai vite fait le tour. Il me reste les Martine. Je dors beaucoup aussi, car je suis fiévreuse avec quelques éruptions cutanées sur le corps. Je me régale d'un bol de Cream Soda avec de la crème glacée. À part ma mère, personne n'entre dans la chambre. Une chambre d'isolement à l'ancienne.   Je me morfonds, car c'est bientôt la fin de l'année et... la remise des prix. Je ne veux pour rien au monde manquer cet événement. J'ai tellement aimé mon professeur que cela me rend triste à la pen

Les caprices

Samedi soir, je festoie avec quelques personnes à l'occasion des 40 ans de ma cousine. La réception a lieu dans un club de golf privé de ma ville. Je suis vêtue pour l'occasion. Une robe estivale importée d'Europe, des chaussures italiennes et un veston surpiqué de broderie qui me vaut plein de compliments dès que je le porte. Son seul défaut, il est en jeans. L'organisatrice de la soirée vient me voir manifestement gênée par le message qu'on lui demande de me transmettre. Déjà, je trouve odieux qu'elle soit utilisée pour être la porteuse du message. Un membre de ce club privé sélect n'aurait pas apprécié mon veston et s'en serait plaint au personnel qui à son tour s'en serait plaint à cette pauvre messagère. J'ai toujours eu du mal avec les gens qui adressent leurs messages par personne interposée. Pas assez de culot pour assumer leur propos. Entre nous, le discernement est toujours de mise. Je comprends qu'un club privé qui se respecte re

De la fragilité des choses

L'aube se lève à peine, j'admire mes pommiers en fleurs, je sens les effluves des lilas qui entrent par la fenêtre du boudoir. Je suis comblée. J'ai bien failli ne pas être à ce rendez-vous printanier et j'en étais fort désolée. Ce rituel qui me tient tant à coeur, voir la nature fleurir, s'épanouir, le piaillement des jeunes oisillons, les tourterelles qui reprennent leur perchoir sur les fils électriques de ma cour et la marmotte qui année après année élit domicile en mon jardin. Cette année, il y a de l'action, le chat du voisin s'amuse à la terroriser. Pas question qu'un autre mammifère empiète sur son terrain. Ce matin, je cueillerai du muguet pour l'offrir à mon personnel et m'offrir leur sourire. Il s'en est fallu de peu pour que je ne sois pas ici mais encore à Paris en raison de ce volcan Islandais qui risque de menacer le transport aérien. Je l'ai échappé belle. Disons, que le vol de départ a été retardé parce que les places av

Maman

A l'aube de ce jour où la maternité sera célébrée, mes pensées vont vers deux mères éplorées dont les médias ont fait la une la semaine durant. Je parle de la mère de Jolène Riendeau et la mère des deux enfants tués par un conjoint désespéré. Pour elles, cette journée sera tout sauf extraordinaire. Je pense aussi à Anne-Marie Lecomte, journaliste au magazine Châtelaine dont le fils s'est suicidé récemment. Je vous invite à lire son article bouleversant dans le numéro d'avril intitulé Style libre . La justesse de sa plume, le courage des mots et surtout sa peine, pour ne pas dire sa déchirure, vous toucheront assurément. Alors, quand je regarde tout cela, je contemple mon bonheur et je m'estime chanceuse d'avoir deux fils aimants au coeur pur. Je les trouve beaux, physiquement et intérieurement. Il y a eu des moments de doute où comme pour plusieurs parents les tempêtes étaient fréquentes, mais j'avais confiance en l'éducation donnée pour les amarrer à la v

Marchands d'espoir

Vendredi soir, j'ai rendez-vous avec le rire, plus partulièrement avec Daniel Lemire. Des sièges au balcon, les genoux collés sur le siège du voisin, une chaleur incommodante, j'attends le lever du rideau. J'ai bien besoin de me dilater la rate avec les semaines qui sont les miennes depuis quelques temps. Le spectacle débute par une revue de l'actualité. Son esprit incisif est toujours bien présent, les rires fusent. Une nouveauté: deux excellents comédiens l'accompagnent. Puis un premier numéro qui me laisse sur mon appétit, puis un second mettant en scène un taliban qui prend du Viagra. Celui qui a suscité de grands rires est sans conteste celui où il s'en prend à l'annonceur de la météo. La mise en scène est bien soignée. Après l'entracte Oncle George fait son entrée, pour nous parler de Cialis et faire des pitreries sur le pet de l'homme âgé. Il me semble que là, on nivelle vers le bas, marketing oblige J'ai soudain la nostalgie des spectac

Dimanche des rameaux

Chaque fois qu'elle part en vacances, sa mère est hospitalisée. Cette fois, le scénario se répète. L'amputation de la deuxième jambe est imminente. Opérée d'urgence durant la nuit, elle est en attente de ce coup de fil rassurant qui lui dira que tout va bien. Pendant ce temps, nous partageons notre dîner hebdomadaire. Inévitablement, nous parlons de sa mère, une femme de la terre, qui lui a annoncé dimanche dernier qu'un dimanche des rameaux venteux est annonciateur d'un mois à venir venteux. Je lui fais le commentaire qu'à l'allure où vont les choses, il n'y aura plus beaucoup de ce savoir, de cette sagesse qui seront transmis aux générations futures car seul les gens de la terre savent observer cette nature. Ils ont surtout appris à lâcher prise. Elle me parle de son père qui un jour a eu un doigt arraché par une vache trop pressée de courir dans les champs. Pas de clinique, pas de médecin. Un pansement improvisé, car les bêtes, elles, ne savent atte

Une matinée au musée !

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Samedi matin, j'ai rendez-vous avec Marc-Aurèle. Non pas mon père, mais le peintre. Artiste prolifique, diabétique, amputé, il fut abusé par son aide-soignant qui dilapida ses oeuvres le laissant seul à son sort. Outre le récit pathétique d'une fin de vie, les oeuvres, elles, sont vibrantes. Tous les médiums sont permis: pastel, fusain, aquarelle, gouache, eau forte. Les toiles racontent la construction du Pont Jacques-Cartier, la vie dans Hochelaga, les arbres à Laval. Ici, un parc à Ahunstic. Tout cela à une époque où nos souvenirs font défaut et où il fait bon revenir. Marc-Aurèle Fortin est l'artiste que j'aurais voulu être. Peindre c'est observer, exprimer par les couleurs, être témoin de la vie et la raconter en tableau. Moi, je raconte avec les mots. J'ai commencé à m'initier à l'application des couleurs avec mes premiers crayons Prismacolor. Un cadeau d'anniversaire pour mes 5 ans . Imaginez, plus de 48 crayons , le tout accompagné d

La femme trompée

Je l'aperçois dans la lumière du jour, assise tout au fond du restaurant, elle m'attend. Ses beaux yeux verts se lèvent vers moi, elle sourit. La taille gracile, les cheveux d'ébène qui lui tombent au milieu du dos, quelques sillons au visage qui marquent le passage du temps. Malgré les années, je la retrouve tel que je l'ai toujours connue. C'est une belle femme qui a réussi dans un milieu d'hommes. Plus d'une fois à différentes activités d'affaires, j'ai vu le regard désirant de la gente masculine à son endroit. Vous savez, un instant fugace où l'homme fantasme. Comme seul deux femmes savent le faire, nous parlons de nos vies de mère, d'amoureuse et de professionnelle. Elle me raconte son divorce, il y a six ans de cela. Plus de vingt années de mariage, un homme qui aux yeux de tous était attentionné envers elle, un couple complice. Pendant qu'elle me raconte, elle tourne la tête vers l'extérieur, comme pour revoir le fil de sa vi

Là, où l'homme va

Nous étions attablées à notre resto habituel, à discuter de tout et de rien, quand notre aînée s'est mise à raconter comment nos grands-mères étaient ignorantes de la chose. Originaire de la Mauricie, infirmière de profession, nous avons appris que lorsque les femmes venaient en consultation gynécologique, elles disaient à leur médecin pour désigner leur vagin: Là, où l'homme va. J'ai été élevée bien autrement. Ma mère enceinte de ma petite soeur m'a expliqué les choses de la vie. Je savais qu'il existait un vagin et un pénis et que la maman produisait un oeuf chaque mois. Parfois, il était fécondé. Et...le reste, vous le savez. Ma mère m'avait aussi acheté, à l'approche de mes premières menstruations, le livre écrit par Janette Bertrand à ce sujet. Toujours au temps de nos grands-mères, pour signifier qu'elles avaient leurs règles, elles disaient: J'ai vu. Quand elles ne voyaient pas, vous l'aurez deviné, elles portaient une nouvelle vie. Mon

J'aime les rues de Montréal

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Montréalaise dans l'âme, j'y travaille et je vis en banlieue depuis plus de vingt ans. Je redécouvre ma ville pour le plaisir de retrouver des amis, d'assister à des événements culturels. Je déambule dans les rues de mon ancien quartier et chaque fois, j'ai l'impression d'être de retour chez moi. Prenez la rue Fleury. Elle ne ressemble en rien à celle de mon enfance. Les commerces ayant pignon sur rue sont différents, y logeant parfois depuis deux décennies. La librairie Volumétrix où j'ai découvert le plaisir solitaire... celui de la lecture bien entendu, n'est plus. Tout comme la boutique pour enfants Yvette Richard où nous allions nous vêtir pour les grandes occasions, la corsetière, le magasin de laine. Mon père vendait des sapins à l'emplacement actuel de la pharmacie Cloutier . Tout cela a disparu pour céder la place à des boutiques spécialisées de designer de mode, de décoration intérieure, de fines épiceries, de petits cafés. Dimanche

Il faut écouter sa voix pour trouver la voie

Aussi loin que je me souvienne, le chant a toujours fait partie de ma vie. Enfant, mes parents me berçait en chantant. Chacun avait son répertoire. Mon père avait le talent pour modifier les paroles. À l'école quand ma voix se joignait à celles de mes compagnes et bien... disons qu'il y avait distorsion. Ma première prestation devant public fut au Jour de l'An, alors que j'avais 5 ans. Vêtue de ma belle robe rouge en velours au collet duveteux et de ma belle montre Cardinal, j'ai interprété Donnez-moi des roses. Je pleurais pour cet homme qui aime en silence et qui découvre un amour impossible. Le chant a laissé place momentanément au sifflement, on m'appelait la gamine, puis il a repris du service à l'occasion de mon second mariage. Je vous fais le topo. Enceinte de mon petit dernier, dans une église anglicane, le pasteur est une femme, en lieu d'allocution je choisis certaines chansons. J'imprime les paroles que je distribue à nos invités e