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Affichage des articles du avril, 2012

Sèche tes pleurs

Je viens d'une famille de braillards. Contrairement à ce que vous pouvez penser, cet héritage vient du côté paternel. Les hommes pleurent... ils ont la larme à l'oeil facile. Enfant, je ne comprenais pas que mon grand-père Didine s'émouvait pour une pacotille. Au fil du temps, j'ai observé que mon père pouvait soudainement verser des larmes pour un incident ou un événement qui à mes yeux était anodin. J'ai un oncle qui a les yeux embués à la vue de ses nièces et qui ne supporte pas d'assister à des événements où l'émotion est au rendez-vous. Il préfère avoir l'air bougon que vivre ses émotions. Force m'est donnée de constater que j'ai hérité de cette propension à m'émouvoir. Je sais qu'une autre de mes cousines vit cet état d'âme. Que de fois ai-je entendu les gens dire à mon propos que j'étais froide, distante, etc. C'est une question de protection pour ne pas avoir mal. Je considère aujourd'hui que cela a fait de mo

Manifestement

Les gars de l'école Monseigneur Gauthier sont à la porte. Nous sommes plusieurs à quitter la classe par la fenêtre sous l'oeil affolé de Soeur Larouche. J'entends encore sa voix: les filles, les filles, restez ici . Par un bel après-midi d'automne, nous courons vers la liberté, nous allons marcher et manifester à la colline Ahuntsic. Nous rejoignons d'autres élèves, d'autres gens. Nos voix s'élèvent, exprimant notre opposition au Bill 63. Nous voulons protéger notre langue. Je suis en 9e année. L'année suivante, octobre 1970, j'attends l'autobus rue Saint-Hubert. Je vois défiler devant moi plusieurs véhicules de l'armée. Les sourires sont absents. C'est un choc quand tu as 14 ans. La fiction rejoint la réalité. Les discussions à la maison sont animées. Il faut se souvenir que la société de cette époque était majoritairement composée de cols bleus, cols blancs. L'accès aux études universitaires était en émergence. C'était l

J'ai souvenir encore

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De passage l'autre jour dans le quartier qui m'a vue grandir, je me suis arrêtée là où jadis se dressait la maison d'une famille nombreuse. À ma gauche, de nouveaux condos s'érigeaient à la place d'une ancienne manufacture où je m'exerçais avec mes premiers patins à roues à clé. Vous avez bien lu. Les patins à roues alignées n'étaient pas l'apanage de la classe ouvrière. Malgré les années, je retrouvais mes repères, constatant que ma mémoire était toujours au rendez-vous. Désormais, il n'y a que ma soeur pour qui cet écrit aura la même résonance.  De ce voyage dans le temps les maisons ont un nom attaché à leur numéro civique. Non, ne cherchez pas une nouvelle signalisation, mais plutôt une empreinte des gens qui ont habité ces demeures. Je me suis souvenue encore... de nos voisins, de la vie de quartier, de mes jeux d'enfants, de ma terreur dans cet escalier mobile où pour descendre, il fallait que notre corps fasse le contrepoids.  S

Quand on prend les clients pour des valises

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Enjoy, being  a star ! Tel est le slogan de cette chaîne hôtelière reconnue pour la qualité de ses installations, de son service et son souci de préserver l'environnement. Mais... un établissement porte ombrage à cette belle mission. Il n'y pas de traitement de star au Iberostar Ensanachos, malgré ses 5 étoiles. Jour 1: Nous descendons de l'avion et prenons le car en direction de l'Ibérostar. Le paysage est magnifique. On dirait les Keys. Une fois à l'hôtel, c'est le cafouillage. Omar, le concierge, a une liste de noms. Nous comprenons aujourd'hui que l'acte qu'il s'apprête à jouer n'est pas sa première représentation. Nous allons directement vers la réception. Une femme attend depuis une heure une voiturette pour la mener à sa villa, on lui dit que le chauffeur est à son souper. Nous apprenons plus tard que c'est parce que la voiturette était en panne électrique. Un autre couple découvre des occupants dans leur chambre et nous... que