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Affichage des articles du 2020

Les cadeaux de la vie

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Le 27 juillet 1989, j’emménageais dans ma maison. Un terrain non aménagé que nous avons clôturé, gazonné. Un cabanon s’est ajouté.   La devanture s’est parée de deux   genévriers et d’une haie de cèdres d’à peine un mètre. Une plaine glanée dans les boisés environnants s’est érigée au beau milieu du terrain. Le premier conjoint n’ayant pas la main trop horticole, la végétation était frugale. Mais, je lui pardonne, car sans lui, je ne serais pas devenue propriétaire. Un nouveau venu a tôt fait de modifier l’environnement. Deux lilas, un pommier, un pommetier ont été plantés. Un coin jardin ainsi que des plates-bandes furent érigés. L’arrivée d’un nouveau voisin a enjolivé mon terrain d’hémérocalles et de muguet. Au fil du temps, des amies m’ont fait don de rudbeckia, d’iris. J’ai ajouté quelques sedums, hydrangées, hostas, pivoines. Toute cette belle végétation me permet d’accueillir une faune volatile variée : chardonneret, merle, mésange, cardinal, geai bleu, oiseau mouche et quel

Papa n'est plus là

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Extrait de Petit pot de biscuits 1 Lundi 20 mars 2000 J’arrive à ta chambre, je t’aperçois, la barbe longue, tu m’attendais. Sur ta table de chevet, un jus de pomme repose à mon intention. J’en suis touchée et tente de n’en laisser rien paraître. Tu veux que je mette de la crème sur ton corps. Tu m’obliges à regarder ta déchéance. Ton corps tout maigrelet, ta peau fripée. Je te propose de me réchauffer les mains avant. Je commence par les jambes, les pieds. Ils ont désenflé. Nous avons les mêmes pieds. Je poursuis, les jambes, les cuisses, plus osseuses que charnels. Je trouve injuste que le crépuscule de la vie atteigne ta dignité. La pudeur, tu n’en as rien à foutre, tout ce que tu veux c’est encore un peu plus de crème. Je poursuis ton hydratation, tes bras pleins de perfusions. Des bras bleutés qui ont travaillé fort, des bras décharnés. Tu veux m’aider. Je te dis de laisser reposer tes bras que je m’en occuperai. J’y vais doucement, de peur d’accrocher les perfu

Le cimetière blanc

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EXTRAIT de Petit pot de biscuits 2 Nouvelle " Nous sommes arrivés au village de Saint-René durant La Crise. Mon mari n’arrivant plus à trouver du travail dans les camps de bûcheron nous mena vers ce village où il y avait de l’emploi. Situé au bord du petit lac Saint-René, à plus d’une centaine de kilomètres de Montréal, le village témoignait déjà de la pauvreté qui nous y attendait.  Il fut embauché à la mine du village. À mesure que l’on s’en approche, le sol devient gris sale, la végétation, le feuillage et les branches sont couverts d’une couche de poussière, blanc neige. On dirait un linceul. C’est ce que nous, les villageois, appelons le cimetière blanc. Plusieurs de nos hommes mourront, certains attendent encore la mort.  La silicose est une maladie insidieuse, incurable et généralement mortelle qui provoque en phase aigüe des désordres gastro-intestinaux. La poussière fine, blanche de la mine est avalée, car les masques fournis sont inadéquats ; au bout de