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Affichage des articles du janvier, 2011

Le ridicule ne tue pas

La bouteille de steam Quand j'avais cinq ans, la famille Blondin habitait notre rue. Une famille nombreuse. Un des fils Daniel, venait nous garder ma soeur et moi. Un jour, il me demande d'aller chercher une bouteille de steam à la tabagie du coin. Quand on a 5 ans, on est fière quand un grand nous demande de lui faire une commission. Empressée, je dévale les trottoirs pour arriver rue Sauvé chez monsieur Fortin. C'est madame qui est là. Et là, je lui fais ma demande. Éclat de rire. Moi, je ne comprends pas pourquoi c'est drôle. Je ne connais rien à l'anglais. Madame Fortin me demande qui m'envoie. Je lui dis que c'est Daniel. Là, elle m'explique que la steam c'est de la vapeur et que cela ne peut contenir dans une bouteille. J'ai le sentiment que l'on a voulu abuser de ma naiveté. Au retour, Daniel me dit: Pis la bouteille ? Je me suis abstenue de répondre et j'ai pris le chemin de ma chambre pour pleurer ma peine. Le Rocher Percé

Le premier party

Enfin ! je suis invitée. J'ai 13 ans et un groupe de ma classe organise une soirée chez Claire, rue Sommerville. Un bungalow de gens bien nantis. En tout cas, beaucoup mieux que moi, fille de prolétaire, résidant en bordure de la voie ferrée. Je n'ai pas encore embrassé un gars. J'ai peur que mes copines rient de moi. Je suis excitée à l'idée de ce premier party et angoissée par la peur de me couvrir de ridicule. J'ai obtenu l'autorisation de mes parents. Certaines contraintes obligent. Je dois rentrer à 23h30 alors que mes copines ont le droit de rester jusqu'à minuit. Ma mère veut contrôler ma tenue vestimentaire. Je me retrouve avec des vêtements pas trop in . Pas de jeans, pas de maquillage. Aussi bien accepter d'être le vilain petit canard de la soirée plutôt que la rater. Premier jeu de la soirée: la bouteille. Ce jeu a toujours gardé quelques fondements mais compte de nouvelles nuances que mes fils ont eu plaisir à m'expliquer. La bouteille

Plaisirs d'hiver

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L'autre jour, en me promenant au Parc Équestre, j'ai croisé deux jeunes femmes dans la vingtaine qui revenaient d'une séance de patinage. " Nous avons de belles joues rouges" s'exclamèrent-elles. Ah ! les plaisirs de l'hiver, me suis-je dit. Je me suis rappelée que j'avais à peine 5 ans, quand je les avais chaussés pour la première fois, empruntés à mes cousins de Laval-Ouest. Mon oncle faisait un rond, comme on disait à l'époque, dans la cour arrière. Ma première sortie n'était guère assurée. Je chambranlais sur ces chaussures à lames. Mes chevilles ont toujours été faibles. J'ai porté des bottines orthopédiques jusqu'à l'âge de 5 ans. Mes premiers patins de fille, je les ai eu plus tard. Le soir, alors que mon père avait un horaire de jour, nous partions en famille patiner au parc de notre quartier. Je me revois avec mon manteau bleu, mon cache cou, mon chapeau et deux paires de mitaines (les hivers étaient plus froids), le to

Reprendre le fil de la vie

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Dimanche matin, je suis à lire La Presse. Haïti occupe la manchette. Une phrase m'interpelle: Reprendre le fil de la vie. Ils sont combien sur cette terre en ce moment à vouloir reprendre le fil de la vie ? Je viens de terminer le livre d'Ingrid Betancourt " Même le silence a une fin ". 700 pages à raconter près des sept années de captivité. Un livre bouleversant de dignité, d'humanité. Les sévices, la souffrance d'être enchaînée, les amitiés, la maladie, la torture psychologique. L'être humain dans toute sa survie.  Qu'est-ce qui tient l'âme humaine ? La voix d'une mère, les ceintures que l'on tisse pour ceux que l'on aime, les anniversaires des êtres chers que l'on célèbre. Un dictionnaire devient compagnon de l'ennui. La bible est revisitée pour trouver un sens à cette infamie. Tous animés par l'espoir de recouvrer la liberté. Souvent dans cet univers, ce n'est pas tous pour un, un pour tous. Je me souviens d'u