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PAPA N'EST PLUS LÀ: Extrait Petit pot de biscuits 1

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  Lundi le 20 mars 2000 J’arrive à ta chambre, je t’aperçois la barbe longue, tu m’attendais. Sur ta table de chevet, un jus de pomme repose à mon intention. J’en suis touchée et tente de n’en laisser rien paraître. Tu veux que je mette de la crème sur ton corps. Tu m’obliges à regarder ta déchéance. Il est tout maigrelet, ta peau est   fripée. Je te propose de me réchauffer les mains avant. Je commence par les jambes, les pieds. Ils ont désenflé. Nous avons les mêmes pieds. Je poursuis, les jambes, les cuisses, plus osseuses que charnels. Je trouve injuste que le crépuscule de la vie atteigne ta dignité. La pudeur, tu n’en as rien à foutre, tout ce que tu veux c’est encore un peu plus de crème. Je poursuis ton hydratation, tes bras pleins de perfusions. Des bras bleutés qui ont travaillé fort, des bras décharnés. Tu veux m’aider. Je te dis de les laisser reposer,  je vais m'en occuper. J’y vais précautionneusement, de peur d’accrocher les tubulures. Je prends tes mai...

Adèle, Johanna, Simonne et... moi

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  E st-ce que mes grands-mères connaissaient l’existence de la Journée internationale des droits des femmes ? Je ne crois pas . Chacune d'elles dans son rang de campagne, aux prises avec une nombreuse marmaille n’était pas libre de son temps et… de son corps. Elles ont eu l’utérus fort occupé, car il n’y avait pas de répit pour le devoir conjugal. L’une fut orpheline de mère à l’âge de 17 ans. Elle aurait choisi son mari parce qu’il avait une belle monture (pas de pensées grivoises svp) et de belles bottes. Autres temps, autres mœurs. L’autre a attendu longuement un prétendant jusqu’à l’âge de 29 ans. Finalement, son prince charmant de huit ans son cadet s’est avéré un tyran. J’aurais aimé mieux les connaître. L’une s’est envolée à 42 ans, l’autre à 69 ans. Ma grand-mère paternelle, Adèle, venait d’un milieu plus éduqué. Elle jouait de l’accordéon, écrivait des poèmes. Dans un carnet retrouvé, j’ai découvert les poèmes d’amour qu’elle avait écrit à mon grand-père. J’ai été bo...

Lutte de classe

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Êtes-vous de ceux qui lisent un livre jusqu’à la fin, même s’il vous ennuie ? Longtemps, j’ai été habitée par cette phrase : «  Il faut que tu finisses ce que tu as commencé » dixit ma mère. Je me suis pliée de nombreuses fois à cette supplique. À présent, je m’autorise le droit de fermer un livre si dès les vingt premières pages je n’y trouve pas mon bonheur. Cela m’est arrivé récemment avec Que notre joie demeure de Kev Lambert, pourtant encensé par la critique. En vieillissant, j’ai une prédilection pour les récits et les essais. Ils m’incitent à réfléchir. Le dernier en lice Rue Duplessis, ma petite noirceur de Jean-Philippe Pleau.  Mon père est né durant la Crise et ma mère à la Seconde Guerre. L’un dans un milieu rural, l’autre dans un village décimé par la silicose. Tous les deux ont vécu la misère. Pour eux, quand nous étions enfants, l’important c’était que la table soit bien garnie, et que nous ayons de bonnes chaussures. Mon père ne lésinait jamais sur l...

Ne jamais sous-estimer l'influence d'un livre

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Aurais-je pensé qu'un jour un de mes écrits serait la bougie d'allumage d'un projet de commémoration ? Non.  Tout a commencé en  2012,  alors que je consultais la revue  Relations  produite par les Jésuites. Il y était question d'un village décimé par la silicose.   Plus je lisais, plus j’étais indignée. Les miens étaient du nombre des victimes.  Le tout s'est joué dans  les années de la grande Crise et de la Deuxième Guerre. Le village a porté plusieurs appellations, dont celui des veuves blanches en lien avec la poussière de silice qui recouvrait le village. Près d’une cinquantaine de mineurs sont morts les poumons littéralement pétrifiés parce que leurs conditions de travail étaient abominables.  C'est ainsi que j' ai entrepris d’écrire un livre sur le thème du courage: Petit pot de biscuits 2 en mémoire de mon grand-père Exélus Chartrand et mes deux oncles Patrice et Doris, tous les trois décédés de la silicose.  Je ressentai...

En attendant le Père Noël

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Quand décembre revient, les maisons se parent d’ornements, de lumières. L’esprit des fêtes s’invite petit à petit. J’aime ce temps de l’année, où j’ai rendez-vous avec la nostalgie. J’ai grand plaisir à augmenter mon parc décoratif. Chaque année, mes petits fils me délestent de quelques items.  Émile adore décorer. C’est à lui que je confie l'habillage du sapin. Cette année, il a découvert les maisons cartonnées de mon enfance. Elles reposent sous le sapin me rappelant le temps qui passe. Les traditions c’est important pour mes enfants. À Noël c’est la dinde, les patates pilées, les petits pois, la tourtière, les saucisses au bacon. Comme je ne fais plus de cadeaux, sauf aux petits, je leur cuisine des beignes, des biscuits auxquels j’ajoute quelques mignardises.   Depuis deux ans, j’assiste au défilé du Père Noël avec les petits. L’an dernier, on a gelé. Son départ devait avoir lieu à 10 h et il est arrivé à 11 h 30. Cette année on a prévu le coup. Pendant l'attente,...

J'cours les concours

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J’cours les concours ! Pas vraiment. J’ai participé à quelques concours de poésie. Une fois, j’ai été finaliste. Un petit velours.  Je me suis inscrite aux Correspondances d’Eastman lors du thème Dans les coulisses d’un roman québécois . J’avais envie d’écrire à ma muse littéraire Dominique Demers. Mon intention n’était pas tant de gagner, mais de lui dire comment ses livres avaient influencé ma plume. Récemment, il y a eu un nouveau concours. Les belles lettres des Laurentides organisé par le Mouvement Québec français des Laurentides. Le thème ? Le plus beau voyage de Claude Gauthier. Les participants avaient le choix d’écrire un de leurs plus beaux voyages : intérieur, en nature, un coin du Québec ou de s'adresser à Claude Gauthier. Vous devinez la suite. J’ai écrit une lettre à son intention. J’ai terminé parmi les dix finalistes. J’en fus très heureuse. Je me suis demandé si ma lettre lui était parvenue. Et vous, à quelle personne signifiante aimeriez-vous écrire ?